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Runneuse, escaladeuse, grignoteuse et … heureuse!

J’ai fini un marathon.

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Si tu m’as croisé sur Instagram, alors tu sais qu’hier j’ai couru un marathon. Pas n’importe lequel. Mon premier marathon.

Mais ça, en fait, c’est juste le résultat. Le résultat de longues semaines de préparation et de questions.

D’abord l’entrainement !

L’entrainement, à débuté il y a trois mois. Tout juste en rentrant de Norvège, après nos périples dans les fjords en sac à dos, je me suis lancée dans une préparation “maison”. Maison, parce que je suis persuadée ne pas être en mesure de suivre un plan trop écrit, trop ficelé, au risque de subir…disons l’ennui. J’ai donc opté pour un volume de sortie plus important, et quelques variations avec du vélo, de l’escalade et du gainage.  Tous s’est bien passé jusqu’à début septembre. J’ai réussi à tenir le rythme de 6 entrainements par semaine. J’ai aussi adorée apprendre à rouler avec le vélo de route de monsieur, et je n’ai pu qu’apprécier la reprise de l’escalade sur voie naturelle.

Mais, la reprise du travail, et d’un rythme soutenu est venu chambouler tout ça. Il y a eu aussi des blessures. D’abord le genoux, et puis durant 3 semaines un torticolis doublé de contractures cervicales qui m’ont empêchés de dormir, de courir, de conduire. J’ai d’abord sortie l’artillerie des HE, mais rien à faire. L’osthéo, rien à faire. Puis la codéine, rien à faire. Et l’opium, toujours rien. Autant te dire que j’ai cru que j’allais pouvoir rejoindre non pas la ligne de départ, mais le groupe de bénévoles. Finalement, à deux jours du marathon, la douleur était devenue supportable, assez pour que je chausse mes basket dimanche.

Au milieu de tout ça l’entrainement a été mis à rude épreuve : arrêt total 15 jours avant sur recommandation de l’osthéo. Sorties courtes avec le genoux en mousse. J’étais pas tout à fait sereine pour tout dire. L’objectif était donc de simplement pouvoir finir entière, sans blessures importantes.

Et puis, la course !

Nous sommes allés avec Monsieur retirer les dossards la veille. Ca c’est l’avantage du départ qui se situ à 5 minutes de chez toi. L’ambiance était simple et chaleureuse. Nous avons eu le droit à la bouteille de Bergerac numéroté à notre numéro de dossard, chouette idée je trouve. Un carnet de timbre collector spécialement édité pour nous. Une 9bar (ouep j’avais réussi à faire le lien avec l’organisateur pour qu’on se fasse fournir…la class’). Et un gilet sans manche moche, mais qu’on aime quand même. C’est à ce moment que j’ai réalisé que j’allais devoir m’enfiler 42 kms le lendemain. Excitation, joie, stress, au rendez-vous.

Réveil à 7h le lendemain. J’avais préparé les pâtes la veille. Monsieur à réussi à s’enfiler l’assiette, mais de mon côté j’ai bloqué. Finalement, j’ai opté pour un petit pain sans gluten, de la confiture, un café et un kiwi. T’en pis, je me forcerais à plus manger sur les ravitios. Je n’avais pas préparé les vêtements la veille pour cause de temps changeant. Finalement, j’enfile un t-shirt manche longue sous mon t-shirt favori (celui du trail de la côte d’opale), et un collant long. Je décide au dernier moment de prendre mon Camelbak pour y fourrer ma Zamst (oh l’idée lumineuse), un peu de codéine (oh l’idée lumineuse bis), mon portable et mes écouteurs (oh l’idée lumineuse ter).

Et voilà, la ligne de départ. On laisse partir le monsieur non voyant et son guide, et PAN ! c’est à nous.

1er au 4eme kilomètre : je me colle au meneur d’allure 4h15. On papote, on rigole, mais ça n’avance pas assez pour moi. Alors je file.

5eme au 15eme kilomètre : je me cale entre les 4h et les 4h15. Je suis super bien. Je me dis que généralement sur un semi, je commence à souffrir au 15eme, mais là tout va bien. L’entrainement paye. Nous traversons la vieille ville, et longeons la voie verte, c’est agréable. Le cardio est nickel, les jambes vont bien. Je suis rassurée. Il y a tout de même une pause lorsque je vois une coureuse par terre. Je l’aperçois de loin allongée par terre. Les autres la dépasse comme si de rien n’était. Je m’arrête. Je lui demande si ça va. La Croix Rouge arrive, elle me dit que c’est ok alors je repars.

15eme au 20eme : y’a Thierry qui s’installe à côté de moi. Thierry il en est à son 10eme marathon cette année. Alors on la lui fait pas. On papote. De course à pieds, de la région. Bref, le temps passe vite. Il me donne des petits conseils pour ne pas m’épuiser trop vite. Ça va un peu trop vite pour lui. Alors il me dis de filer sans l’attendre.

20eme au 25eme : je commence à ressentir une douleur au niveau du tenseur du facia-lata en haut de la jambe. Etrange je ne connais pas cette douleur habituellement. Pause pipi, j’en profite pour me mettre de la musique dans les oreilles pour détourner l’attention de la douleur. Je m’inquiète tout de même un peu. Il reste 17 kms et j’ai bien compris que la douleur étant installée j’allais devoir faire avec jusqu’au bout.

25eme au 30eme : bon je laisse la musique me porter. Je demande à chaque groupe ou bénévole que je croise de m’encourager et les remercie de cette liesse spontanée :). Il y a quelques enfants à qui taper dans la main. Je me répète que je ne veux pas subir ce marathon, mais en profiter pleinement. J’arrive finalement au ravitaillement du 30eme. J’enlève mes écouteurs pour parler aux bénévoles, attrape des pâtes de fruits, et me plantant de main, me fourre mes écouteurs dans la bouche à la place des pâtes de fruits. Evidement, rires générales, moi la première. Je repars en me marrant.

30eme au 33eme : la douleur est toujours là, mais ma tête gère. J’avance. J’essai de me concentrer sur les petites choses qui m’entourent. Les feuilles au sol, les encouragements, la musique, le soleil qui pointe son nez…

33eme au 36eme : au 33 eme, j’ai le genoux qui lâche. La douleurs est descendue du tenseur jusqu’au facia-lata au niveau du genoux. C’est la même fichue douleur qui m’avait fait terminer mon dernier semi en larme et m’avait pourri la vie durant 3 mois. Je sens bien que plus j’ai mal, plus je contracte la jambe et plus la douleur sur tout le TFL s’amplifie. Je me dis que je ne devrais pas tarder à croiser monsieur. Lui devrait être sur le chemin du retour. Ça me tiens 1 kilomètre. Je le vois. Je suis en joie. Il me tape dans la main. Et m’encourage. C’est bon je suis repartie pour 2 kilomètres. Mais la douleur du genoux s’aggrave. Je m’arrête pour enfiler la genouillère. Je repars pour 1 nouveau kilomètre soulagée. Mais c’est un bref répit.

L’idée d’abandonner me traverse l’esprit. J’ai l’impression que ces 6 derniers kilomètres sont insurmontables. Je liste toutes les raisons qui m’empêchent d’abandonner, et continue.

36eme au 39eme : bon là, c’est long et laborieux. Je suis obligée de m’arrêter et de marcher plusieurs fois. Mais la reprise est à chaque fois extrêmement douloureuse. J’en conclu que je ne dois plus m’arrête sous peine d’être incapable de repartir. Les larmes me montent aux yeux. Je boitille. Ma tête ne veut plus prendre le relais pour gérer cette fichue douleur. Je suis aussi un peu déçue de me dire que ces 6 derniers kilomètres vont me prendre presque une heure au rythme ou je vais. Mais je n’arrive plus à pousser plus.

39eme au 40eme : je papote avec un monsieur pour qui s’est aussi la première fois. Il m’avoue que pour lui aussi c’est très dur. Nous nous suivons sur un kilomètre, en silence.

40eme au 41,5eme : un gars arrive à fond derrière moi. Il me dit “allez viens je t’emmène jusqu’au bout”. Il balance la bouteille que j’ai dans la main, me dis de me calmer, que je pleurerais après avoir passez l’arche. Je pousse autant que je peux, a vu de nez on a du repasser les 11kms/h. Il me lâche 200m avant l’arrivée pour aller cherche son frère qui est derrière, en me disant de continuer. Un mec devant se retourne et me dis “allez viens”. Je continue à fond. J’entend : “plus que 800m”.

J’ai le menton qui commence à trembler d’émotion. Je passe l’arche. On me tend ma médaille. E,t je retiens autant que je puisse le faire mes larmes. Je l’ai fais. J’ai réussi. J’oublis que j’ai mal partout. Je suis juste fière de moi. Je retrouve Monsieur qui lui à eu le temps de prendre sa douche.

Je croise Thierry qui me dis “tu vois t’es aller au bout”. Je croise les deux garçons qui m’ont amené jusqu’à l’arche pour les remercier. Je retrouver deux ou trois autres coureurs avec qui j’avais papoté, on se félicite.

Monsieur retourne à la voiture m’attendre, il est gelé et livide. Il faut dire qu’il vient de boucler son premier marathon en 3h46, et ce sans entraînement particulier. Je suis un peu jalouse :). Moi, je reste là sonnée, à regarder les suivants arriver. Je me dis qu’à ce moment précis seuls ceux qui viennent de courir ce fichu marathon peuvent comprendre.

Je retourne à la voiture en marchant comme un bonhomme bâton. Ca me prend des plombes, et je croise quelques visages amusés.

Alors voilà, j’ai couru mon premier marathon.

J’ai mis 4H38. C’est long, très long. Bien plus que ce que j’avais prévu.

Je me suis arrêtée à chaque ravitios (qu’est ce que j’ai bouloté, et bu, 3 litres d’eau en tout), j’ai ramassé une coureuse par terre, j’ai fais une pause pipi dans des toilettes publics, j’ai fais une pause genouillère, j’ai papoté avec les bénévoles et j’ai fais une pause pour récupérer de la codéine dans mon sac. Alors oui, c’est vrai que tout ça mis bout à bout, ça fait pas mal de temps perdu. Mais finalement, à refaire, je fais tout pareil !

Par contre, là, fond de mon canapé, je n’ai qu’on chose à dire : “plus jamais de marathon” (jusqu’au prochain).

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11 comments on “J’ai fini un marathon.

  1. cocoandco Ⓥ
    October 24, 2016

    ben ma grande, tu t’es pris le mur on dirait mais le plus important c’est d’avoir fini et pour un 1er marathon ton chrono est loin d’être piteux, même si tu souhaitais mieux (on a vu bien pire, le mien par exemple ahaha!!! ) …triple bravo! et bonne récup’

    • larunneusegrignoteuse
      October 24, 2016

      Merci Coco. Le mur, c’est ça ! Monsieur m’a dit qu’il avait décroché au 30eme aussi en pensant à ce fameux mur que je lui avais dépeint ! C’était un peu violent. En fait, sans la douleur au genoux j’aurais pu mieux gérer cette fin de course. Je vais repartir à la quête d’une solution pour ce TFL.

  2. firerasta
    October 25, 2016

    Félicitations!!! Finisher d’un marathon, c’est top. Comme tu le diz, seul ceux qui finissent un marathon savent par quel état on passe!!! C’est pour ça que malgré la douleur, on veut y revenir…
    Sinon, pour les écouteurs, ça n’est pas le plus difficile…..explique nous comment tu as fait pour faire rentrer la pâté de fruit dans t’es oreilles? 🙂
    Bravo en tout cas. Soignes toi bien et à l’attaque!!!! 😉

    • larunneusegrignoteuse
      October 25, 2016

      Merci Firerasta ! Pour le moment je n’envisage pas de m’aligner à nouveau sur la ligne de départ d’un marathon. Par contre, je me testerais bien sur des distances intermédiaires, de 25/30 kms.
      Pour les pâtes de fruits dans les oreilles…c’est un secret de famille tiré du grimoire 😉 . En tout cas, tu m’as bien fait rire 🙂 !

  3. Gwen
    November 10, 2016

    J’adooooooore c’est tellement ça un marathon: partager des joies des douleurs avrc des gens totalement inconnus a qui tu ne parlerais probablement pas en temps normal! Mais qu’est ce que c est génial.
    Le soir même on se dit généralement plus jamais de marathon et puis le lendemain on y revient et on en cherche un qui nous tente!!!!!!
    Bravo en tout cas et trop chrono est loin d’être degeu. Il m’a fallut 5h31 pour finir mon premier marathon! Le principal c est de ne pas lâcher!

    • larunneusegrignoteuse
      November 11, 2016

      Ah mais oui, c’est exactement ce que je viens de répondre à Marjolaine ! Tu te dis “plus jamaiissss”, et hop, trois jours plus tard t’en redemande ! Il reste une petite déception au chrono, mais je me dis qu’avec la super marge de progression que tu as eu, j’y arriverais peut-être aussi 😉 !
      En tout cas, tous ces super moments resterons bien plus dans mon esprit, que ce chrono !

  4. marjolainerapog
    November 10, 2016

    Bravo pour ton 1er marathon, c’est une expérience de folie. Un marathon, c’est quand même bien particulier… mais ça, tu le sais très bien maintenant 😉
    Surtout, j’espère que tu vas mieux. Des news de ton genou ?

    • larunneusegrignoteuse
      November 11, 2016

      J’ai passé la ligne d’arrivée en me disant “plus jamais”. Et puis, 3 jours plus tard, alors que je n’avais plus besoin de me lacer dans mon lit comme un phoque pour éviter de plier les genoux, je pensais au prochain… comme quoi.
      Concernant le genoux, c’est toujours moyen-moyen. J’attends de recevoir ma nouvelle paire de baskets pour voir si le changement de posture peut y faire quelque chose. Et toi ton talon ?

  5. dreyliciouss
    November 22, 2016

    Top d’avoir intégré l’entrainement croisé à ta prépa !
    Pétard on peut dire que tu reviens de loin dans ta prépa !! T’as pas lésiné sur le traitement de choc !
    Pfiou plus de 6 km au mental sur marathon je dis bravooooooooooooooooo !
    Waw bravo à ton homme aussi !!! Sacrée performance !
    C’est trop beau ces entraides que tu as connu sur la fin de ton premier marathon !!!!!!
    Tu es marathonienne quoi !!!!!! C’est énorme !
    Et puis juste parce que je ne peux pas m’en empêcher mais on écrit tant pis pas t’en pis 😉 je veux pas faire ma rabat-joie hein mais j’aime bien qu’on corrige mes fautes alors sait-on jamais hi hi

  6. larunneusegrignoteuse
    November 24, 2016

    😉 Monsieur me corrige même mes SMS, alors 🙂 …et le tant pis, revient régulièrement. Tu as raison de me le rappeler, même si j’avoue que je me sens toujours un peu “piquée” dans ces cas là 🙂

    Yes, je suis marathonienne. Ca se met sur un CV ça; lol ;o)

    Le marathon des forts me fait de l’oeil depuis quelques semaines. Sait-on …

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This entry was posted on October 24, 2016 by in Uncategorized.
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