larunneusegrignoteuse

Runneuse, escaladeuse, grignoteuse et … heureuse!

Les 17kms les plus faciles de ma vie de coureuse

Tu sais quoi ? Je reviens aujourd’hui, ranimer cette page en asystolie depuis quelques mois.

J’avais envie de revenir sur ce joli moment partagé ce week-end sur la Marathon des Forts en Dordogne.

Ce marathon je l’ai repéré juste après le marathon de Périgueux (“thefirstone”). C’était dans ma phase ou j’étais encore envahie par les endorphines et ce sentiment particulier d’avoir fait un chouette truc pour moi. Mais franchir la marche des 42 kms avec 900 de D+, il faut quand même pas rigoler, c’était pas tout à fait dans mes cordes. Un peu d’humilité. Bonne nouvelle, il était possible de faire le marathon en relais, à 2 ou à 4.  J’ai fais les yeux doux à Monsieur. Des semaines durant. Mais rien à faire. S’il participait c’était uniquement en tant que bénévole ! Bon soit. J’ai fais le tour des copains, copines et collègues. Un relais à 4 : trop court. Un relais à deux : trop dur.

Finalement, à un mois de la course, sur la page des organisateurs, je découvre un coureur sans binôme, en quête d’une paire de gambettes supplémentaires. Lui prépare le marathon de Paris. Il a besoin d’un entrainement. Un tour de chauffe. Il ne cherche pas un chrono. Un mail plus tard, nous sommes donc le dernier binôme mixte inscrit.

Alors, tu vois, là évidement, la préparation à été assez vite vue. J’ai continué à courir 2 à 3 fois semaine. J’ai veillé à mon alimentation comme d’habitude. J’ai rajouter du gainage, de la muscu’. Rien d’extraordinaire. En même temps, j’étais super détendue. Aucune pression de chrono. 17kms qui ne m’impressionnaient pas trop. Et un cadre qui avait l’air agréable à découvrir. Rien qui ne puisse susciter une augmentation de mon rythme cardiaque en terme d’angoisse.

La veille, je rencontre mon binôme. Effectivement, il peut-être bien de savoir à qui je suis censé passer le relais ! Accueil sympa, et échange d’expériences autour d’un café. Le binôme fait un peu plus du double de mon poids (bon ça c’est pas compliqué), et quatre bonnes têtes de plus. J’ai l’air d’une coccinelle à côté (je trouvais que l’image de la sauterelle n’était pas assez disproportionnée). Je me dis que le pauvre, il doit se morde les doigts de ne pas avoir pu jauger sur pieds, avant de m’avoir accepter en tant que relayeuse ! Bref. Il est sympa. Et il ne se plaint pas.

La veille, tout est prêt : le collant parce que les organisateurs nous ont prévenus “attention c’est un trail hivernal” ; le t-shirt récupéré la veille (à la bonne taille et joli…oui c’est possible) ; le camelback pour y mettre le portable et la Zamst au cas ou ; la frontale (parce qu’il y a un tunnel de 800m à  traverser dans le noir of course) ; et les Asic habituelles qui ont fait la guerre.

7h00. J’ai 45 minutes pour me préparer, et c’est là que se joue la scène. Je ne sais pas comment je me débrouille, mais j’ai un quart d’heure de retard sur l’horaire de départ. Monsieur est bénévole, et il doit être sur place une heure avant le départ. J’ai le temps d’avaler un café, et une banane. On prend la route, 45 minutes plus tard, on arrive sur le lieux de départ. Les parkings sont pleins. Impossible de se garer. Je laisse Monsieur descendre afin qu’il aille pointer pour retrouver son équipe. Le deal c’est que je gare la voiture, que j’aille lui rendre les clés, puis que lui récupère la voiture pour se rendre sur le point relais ou il s’occupe du ravitaillement. Sauf que là il ne me reste que 30 minutes avant le départ. Il faut que je me gare, que j’aille payer l’organisation, que je fasse pipi, que je mette ma puce sur mes baskets et épingle mon dossard, que je puisse boire parce que je suis morte de soif, et que je m’échauffe. Finalement, je me gare à l’arrache derrière un tracteur, en négociant un retour rapide de Monsieur avec le bénévole qui me dit non (pardon). Je prends mes affaires et me rends compte que Monsieur est parti avec mon dossard et ma puce. Zut. Je panique un peu. Je l’appelle, le rappelle. On fini par se retrouver. On échange clés de voiture contre dossard. On part en courant chacun de notre côté. J’arrive aux toilettes et fait la queue 15 minutes. Le temps de mettre la puce, le dossard, de distribuer mes épingles à celles qui avaient oubliés. Je fais un pipi express (ne me demande pas de t’expliquer la différence avec un pipi classique). Je file déposer le chèque. Fais la queue dans la mauvaise file. Refais la queue. Je trouve un distributeur d’eau chaude sur une table. Pas de sachet de thé à mettre dedans. Tant pis. Va pour un verre d’eau chaude. Je me crame la langue. Je cours jusqu’a la ligne d’arriver. Je croise rapidement une collègue de boulot, on se dit “ouais 1h45-1H50”. Et paf ! Départ. Ouf. Enfin. Je suis crevée, heureusement que la course commence. 😉

Sur les deux premiers kilomètres ça bouchonne un peu. Je remonte tranquillement le flot qui trainaille un peu. Finalement au 3eme je suis bloquée. Il y a tout simplement un goulot d’étranglement ou il est impossible de faire passer plus d’une personne à la fois. Un truc à flanc de rocher, ou t’as pas intérêt à glisser. Une corde permet de s’assurer un minimum. J’en profite pour papoter avec les coureurs autour de moi. On parle de morilles, d’escalade…bref, ça dure (4 à 5 bonnes minutes), mais personne ne s’énervent. T’en pis pour le chrono. Ça reprend derrière avec une bonne montée.

Au 5eme on traverse le fameux tunnel. Clairement, sans frontale c’est impossible. 800 m de noir absolu et de la grosse caillasse (non vraiment pas du petit gravier) qui menace tes chevilles. Les sensations sont étranges. Tout à coup la seule chose que tu perçois ce sont tes pieds dans le halo de ta frontale ; le rythme de ton souffle te semble monter en décibel, et tu entends presque ton sang battre dans tes tympans. Tu entends l’eau suinter sur le parois. Ca sent l’humidité.

Jusqu’au 8eme ça grimpe bien. Je m’efforce de ne pas marcher, mais je sens bien par moment que je n’ai pas le jus pour pousser plus et que je vais me griller. Alors je fais pas ma maligne, et comme tout le monde, je marche. Je croise à plusieurs reprises “monsieur morilles”, je lui demande ou il en est dans sa cueillette. Bref, tu vois, c’est la grosse rigolade 😉 ! Au 8eme le ravitaillement. Heureusement, je suis déshydratée comme un pruneau, et je sens bien que je n’ai pas assez mangé ce matin. Trois verres d’eau, deux pâtes de fruits, et un quart d’orange plus tard, c’est reparti. Je prends soin de glisser deux pâtes de fruits supplémentaire dans l’élastique de mon collant (oui, il y avait un emballage…et oui l’emballage quand tu cours, ça gratte).

Au dixième ça va impeccable. J’ai récupéré du jus, et mes jambes. J’enfile les 7 derniers kilomètres tranquille, je profite du paysage, papote avec un ou deux coureurs, je dis bonjour et merci à chaque bénévole que je croise. Tu vois le petit rythme qui demande pas trop d’effort. J’accélère parce que je sens que j’en ai sous le pied maintenant.

On aperçois alors le village d’arrivée, la musique, et le ravitaillement. Déjà. J’en reviens pas. Cette deuxième partie de course m’a semblé tellement plus facile, que je n’ai pas vu les kilomètres passer (il faut dire que sans montre et sans indication sur le balisage, je ne m’étais pas super bien repérée).

J’aperçois le binôme. J’arrive avec un grand sourire. Tous va bien. Et en plus je suis dans les temps annoncé, il n’a donc pas trop patienté dans le frais : 1h50 tout pile. Lui est donc parti pour les 25 prochains kilomètres. Il me dit qu’il prévoit 2h30.

Je file sur le ravitaillement prévenir Monsieur de mon arrivée. Mais il a des oranges à couper, alors bon, ma brillante course attendra 🙂 ! J’ai envie d’un truc salé : je fais main basse sur les chips…ne fais pas cette tête : oui je mange des chips ! Je me refroidie très vite. Je récupère de quoi me couvrir et part à la recherche du père de mon binôme qui doit me ramener au lieu de départ/arrivée. Je tourne 40 bonnes minutes avant de le retrouver. Finalement, j’attends que les derniers coureurs soient passés, et décide de faire le trajet avec Monsieur.

Sur la ligne d’arrivée j’attends le binôme. Finalement il met 15 minutes de moins que prévu. 4h04 donc pour notre relais. Il me passe ma médaille autour du cou. On file boire un coup, faisons une photo souvenir, et repartons repus de belles émotions !

J’ai aimé cette course pour sa simplicité. Sans pression. Pour le plaisir. Avec ses rencontres. Bon j’ai du gérer le coup de chaud du départ. Mais promis je m’organiserai un peu mieux la prochaine fois.  Tu vois là, rien que d’en reparler j’ai envie d’aller courir. Je saute dans mes baskets et c’est repartie. C’est tout de même un chouette sport la course à pieds. Il suffit d’avoir envie… et on y est. A son niveau. A son rythme. Mais on y est !

(Source image : Antoine Bouillot)

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4 comments on “Les 17kms les plus faciles de ma vie de coureuse

  1. firerasta
    March 23, 2017

    Ça fait plaisir de te lire…même je reste un peu sur ma faim: j’aurais vraiment aimé avoir des détails concernant le différence entre un pipi express et un pipi classique !!! 🙂
    Chouette course en tout cas et CR très sympa à lire…

    • larunneusegrignoteuse
      March 23, 2017

      Ca fait plaisir de te voir ici firerasta ! Promis, un jour je reviendrais sur la définition du express et du classique !

  2. cocoandco ☮ Ⓥ
    March 23, 2017

    oups, la description de ton arrivée sur le site de la course, c’est mon pire cauchemar ^^
    bravo pour cette épreuve et merci pour le CR ;o))

    • larunneusegrignoteuse
      March 23, 2017

      Punaise, aucune chance que ça se reproduise. Je sens que désormais le réveille sonnera beaucoup plus tôt !!!

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This entry was posted on March 22, 2017 by in Run.
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