larunneusegrignoteuse

Runneuse, escaladeuse, grignoteuse et … heureuse!

Une semaine à l’UCPA de Chamonix

Ma nouvelle aventure avec la montagne. C’est comme ça que j’aurai pu appeler cet article.

Si tu as l’habitude de passer par là, tu sais que je suis une amoureuse de la montagne. Depuis toujours. Pour moi, pour nous, avec Monsieur, les expéditions estivales se présentent à peu près de la même manière : sac à dos, tente, carte et autonomie. Rien de plus. On marche, on plante la tente sur un petit replat en fin de journée, on se lave dans les ruisseaux gelés (de temps en temps on fait fondre la neige), et puis on mange de la semoule à tous les repas. Ce qu’on aime dans ces périples, c’est notre duo en montagne, seul. Le silence, la beauté des paysages, ces instants privilégiés ou rien (sauf vaches en alpage, marmottes, ou chamois), ni personne (sauf bergers et rares randonneurs 😉 ) vient nous déranger. Nous passons le moins de temps possible dans la vallée, en dehors des ravitaillements, et on se sent toujours un peu bousculés de revenir au bruit et à la civilisation en fin de rando.

Alors, cette année, on a décidé de faire les choses un peu différemment. Parce que le projet l’exigeait. La montagne, on voulait la voir d’un peu plus haut. Habituellement, on frôle les 3500m. Mais là, on avait envie d’une ascension.

Parce qu’on est pas totalement zinzin, et qu’on n’avait pas pour projet de finir au fond d’une crevasse, on s’est dit qu’on allait devoir se préparer techniquement, et solliciter un guide. Alors, cet été, on est allés faire un tour à l’UCPA de Chamonix pour une semaine.

Je te raconte ?

Pourquoi l’UCPA ?

Pour pleins de raisons. Mais d’abord, comme tu ne sais peut être pas de quoi je parle je t’explique le fonctionnement de l’UCPA (je découvrais moi-même !).

A l’UCPA tu es logé, nourri (et même pour un végétalienne tu y manges bien), on te fourni le matériel en prêt, on te forme aux techniques de l’alpinisme en vu de devenir autonome, et en prime tu as un guide dédié à ton petit groupe (nous étions 5 en tout). A l’UCPA, c’est esprit simple et montagne : on est en dortoir avoir des gens qu’on ne connait pas mais qui sont aussi là pour un stage montage (nos colloc’ venaient pour de l’escalade), on fait son ménage, on débarrasse et on lave sa table, on prépare son pic nique le matin avec ce qui est à disposition, on lave et on range son matos, on se couche tôt (ou au moins on réveille pas les colloc’ si on rentre tard), et on se lève tôt, très tôt, et on est contant !!

Et puis, avantage non négligeable, le tarif est “raisonnable”. Même si clairement nous avons cassé notre tirelire, quand tu additionnes l’ensemble des services, ben c’est plutôt pas mal. Avant de partir nous avions envisagés de solliciter un guide pour faire une course. Sur deux ou trois jours. Finalement, nous avons renoncé à cette option.

Premièrement, parce que notre objectif était d’apprendre des techniques afin de gagner en autonomie pour de prochaines courses, et pas juste de “se faire promener au sommet”. Ensuite, parce que le côté client/guide qui se croisent sur deux jours, bof, ça ne nous plaisait pas trop. Enfin, justement, pour le tarif qui explose quand tu dois ajouter tous les suppléments : un logement (enfin le camping hein), la location de ton matériel (casque, baudrier, chaussure d’alpinisme, crampon, piolet, descendeur, chausson d’escalade), les repas (enfin de la semoule 😉 ), les remontées mécaniques, la nuit en refuge (en suisse, c’est juste 100e par personne, la nuit et la demi pension!!!!), le transport pour aller jusqu’en suisse…bref j’arrête la liste, tu as compris !!

Je t’avouerais qu’avant de partir je n’étais pas hyper sereine. Vivre en communauté, être dans un groupe, être dans la vallée…je me demandais si j’allais vraiment apprécier cette pratique de la montagne version collective.

Le stage de préparation

Dimanche : nous arrivons en fin de journée à Chamonix, pour un début de stage le lundi. On nous donne nos pass illimités pour la semaine (remontées mécaniques pour la vallée, bus et train). On nous donne également le numéro de notre chambre, puis on nous propose de passer au sous-sol récupérer le matériel. Réunion de briefing prévue à 18h. On découvre une chambre de 4. Nos colloc’ sont deux petits jeunes qui viennent faire un stage d’escalade. Ils sont super gentils (mais ils me vouvoient…le coup de vieux) et font tout durant le séjour pour être discrets (je crois qu’ils devaient rentrer en rampant dans la chambre le soir quand on dormait pour ne pas nous réveiller 😉 ) …jusqu’a dormir habillés pour ne pas allumer la lumière dans la chambre. Bref. Tout mignons.

Ensuite, on file récupérer tout le matériel, puis direction le réfectoire pour le briefing. On nous présente l’UCPA, le fonctionnement, et le déroulement de la semaine. Lundi on nous attribuera “notre guide” pour la semaine, et chaque soir, le planning du lendemain sera affiché avec l’horaire de départ et le matériel à prendre. Chaque groupe fonctionne de manière autonome, et puis on avise avec le guide si on a envie de faire autre chose que le programme initialement prévu…

Ce qui est chouette c’est l’ambiance. Il y a tous les niveaux : les débutants qui viennent pour de l’initiations, les intermédiaires qui ont déjà fait un peu de montagne et viennent gagner en technique, et puis ceux qui viennent se perfectionner. C’est bon enfant. On n’est pas là pour ce jauger. Quelque soit sa pratique de la montagne. Je ne sais pas trop comment dire autrement que : sain et sportif !

Lundi : répartition des groupes et guide. Notre groupe est très sympathique. Un couple de londonien et une fille de Paris. Nous avons tous déjà eu une petite pratique de la montagne. Encore une fois, j’apprécie le côté humain, simple, facile et abordable de notre petit groupe. Pierre sera notre guide. À l’écoute, pro et plein de joie, il nous fera passer une bonne semaine.

Aujourd’hui c’est école des neiges. On grimpe à La Flégère (dans le massif des Aiguilles Rouges) en téléphérique et on prend encore un peu de hauteur jurqu’à L’Index (2500m). C’est partie pour une marche qui nous permet de nous mettre en jambe, et de faire connaissance. Il fait froid et le temps est brumeux, mais on est tout excités quand même. Nous arrivons finalement aux premiers névés au dessus du Lac Blanc.

Pierre nous apprend donc les rudiments de la marche sur neige : comment marcher sur des pentes enneigées/glacées, comment utiliser le piolet, comment marcher encordés, comment faire demi-tour sans s’emberlificoter dans la corde, comment s’arrêter en cas de glisse/chute sur une pente grâce au piolet, etc. C’est à la fois instructif et rassurant. Pour avoir eu quelques coups de chaud en montagne, j’ai désormais deux, trois astuces supplémentaires dans mon sac à dos !

On prend la route du retour, et petit bonus un chamois nous attend pour la photo. 🙂

Mardi : programme de la journée : école des glaces sur le Glacier de Lognan (avec vu sur le Mont Dolent et Les Droites). Première partie de la montée en téléphérique, puis fin du parcours à pieds. On apprend à utiliser les crampons et le piolet de manière optimale, à plat, en montée, en descente. De face ou de dos à la pente. En moulinette ou non. On pose des broches dans la glace, on descend et remonte d’une crevasse, on marche encordée. Et puis, on fait des petits sauts de cabris entre les crevasses. Franchement, j’ai adoré cette journée. La journée la plus technique du stage pour moi, ou j’ai acquis le plus de nouvelles compétences en alpinisme.

Et puis le cadre était magique ! Nous sommes arrivés face au glacier au moment ou un énorme sérac s’est détaché…tu prends la dimension “vivante” et fragile de la glace.

  

Mercredi : Pierre nous propose une journée escalade qui n’était pas prévue au programme. On saute sur la proposition. Je suis contante de pouvoir refaire de la falaise, et surtout heureuse de faire découvrir à Monsieur ce sport que j’affectionne (en espérant secrètement le convaincre de s’inscrire avec moi à la rentrée prochaine). On file aux Gaillands. Journée de grimpe en plein soleil, mais agréable. Je fini rincée après l’enchainement de quelques voies, mais avec le plaisir d’avoir partagés ces moments avec Monsieur. Bon pour être honnête on à vécu deux chutes de deux personnes différentes : une grave, très grave (j’ai encore le son du bruit du corps au sol après les 10m de chute) , avec peu de chance que le mec soit vivant. Pierre qui est secouriste a apporté les premiers secours. J’ai été un peu secouée, mais tu deviens plus vigilante que vigilante après ça, vérifiant 1000 fois tes noeuds et tes mousquetons. En montagne, l’erreur humaine devient vite grave, alors c’est vigilance ++++ !

   

Jeudi : grand départ pour la premier partie de l’ascension. De Chamonix nous filons à Zinal pour la montée jusqu’a la Cabane de Tacuit à 3256m, soit un “petit” dénivelé de 1580m. Avec tous le matos et les cordes le poids du sac se fait sentir. La fin de la montée est raide et en voulant attraper une main courante je me plante le bâtons de marche dans la cuisse : ça commence bien ! Nous arrivons en milieu d’aprem au refuge rénové en 2013 et ultra confort : intérieur tout en bois, vu panoramique, terrasse avec petites couvertures pour ne pas perdre un orteil avec ce froid. La soirée passe vite : toilette de chat au lavabo (ben oui la douche à 1o euros pour 3mins) et thé puisqu’il n’y à pas d’eau potable (attention : 15 euros le pichet). On s’étire, on va jeter un oeil dehors, on prépare les affaires pour le lendemain, on s’initie à la lecture de carte avec Pierre et hop au dodo…

Le lendemain, c’est parti pour l’ascension du Bishorn ! Notre premier 4000m. Mais ça c’est pour le prochain article !

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2 comments on “Une semaine à l’UCPA de Chamonix

  1. EniLaroc
    August 16, 2017

    Très belle rétrospective, ça donne envie, même si avec ma peur du vide je sais que je ne ferrais jamais ça ! Je ne connaissais pas le concept de l’ucpa mais c’est vrai que ça doit être sympa de se laisser guider, j’imagine que tu profites mieux.
    Perturbant l’épisode de la chute :/

    • larunneusegrignoteuse
      August 16, 2017

      Oui, se laisser un peu porter c’est pas si mal en fait 😉 ! Et puis l’aspect apprentissage est une super idée aussi. Il y a eu un accident il y a quelques années avec l’UCPA sur le Mont Blanc, le guide et les cordées sont mortes après avoir dévissées. Ca a créé un certain “émois” parce que justement on est en cordée autonome (pas avec le guide, mais deux par deux) et les journalistes s’en étonnaient. Moi je trouve ça plutôt bien, parce que ça te responsabilise totalement, tu gères tes risques, ta vie, et celle de ton binôme. Le guide est aussi là pour te dire, “tu ne montes pas” s’il juge que tu prends trop de risque parce que pas assez préparé.
      Pour l’accident sur la voie d’escalade, effectivement j’en parlais encore avec Monsieur hier. Cette chute, et malheureusement “mort en direct”, est marquante…

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This entry was posted on August 10, 2017 by in Climbing.
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