larunneusegrignoteuse

Runneuse, escaladeuse, grignoteuse et … heureuse!

Les anti(s)

Cette réflexion tourne dans mon esprit depuis plusieurs mois. J’ai du mal à la mettre en mots. C’est une réflexion sans doute peu aboutie, mais dont la mise à l’écrit m’aidera peut-être à y voir plus clair. Alors, je m’excuse (oui, je me pardonne par anticipation, et je veux bien que tu fasses la même chose 😉 ) d’avance pour ce post qui risque de s’éparpiller, autant qu’une fleur de pissenlit sur laquelle on souffle.

Les anti ? Non, je ne parle pas des anti, de ceux qui sont contre. A chacun ses combats, et je me garderais bien d’en dire quelque chose ici. Ni le sujet. Ni le lieu.

Je parle de ces “anti” qui remplissent nos armoires à pharmacie. Ces anti qui font taire, qui réduisent, qui minorent, qui éradiquent, qui masquent. Tu te demandes sans doute ce que cet article vient faire ici. Il faut dire que la course à pieds crée son lot de bobos, de douleurs, de contrariétés. A mon sens, cela fait aussi parti de la pratique d’un sport. On soumet son corps à rude épreuve et on voudrait qu’il ne bronche pas ? Je ne peux pas reprocher à mes genoux de grincer de temps en temps. Je ne peux pas m’agacer d’une cheville qui fait de la résistance. Je ne peux pas bouder mon épaule qui couine un peu quand j’en ai trop fait. Je ne peux pas marmonner contre ce muscle qui résiste à tout ce que je lui propose comme étirement.

Ces douleurs, ces désagréments, c’est le corps qui vit. C’est aussi moi qui ai mal joué mon coup, parfois. Alors non, je ne peux pas mettre en sourdine ce qu’il me dit à coup d’anti. Les anti lissent. Parce qu’on ne supporte plus le moindre aléa, parce qu’il nous faut une vie sans embarras et tracas. Un mal de tête qui pointe le bout de son nez : un anti douleur. Un haut le coeur qu’on ne veut pas gérer : anti-nausée. Une jambe un peu raide : anti-inflammatoire. Une main sur une poignée : anti-bactérien. Un moral en berne : anti-dépresseur.

Il ne s’agit pas ici d’un combats anti pharmaceutique, anti lobby, pro bio, ou je ne sais trop quoi d’autre. Plutôt une réflexion sur nos vies, sur notre façon d’aborder la douleur et de vouloir rendre muettes toutes nos petites tracasseries. Evidemment, parfois on ne peut par faire sans. Et je ne me positionne pas en juge, ou moralisatrice. Je pense surtout à ces moments on l’on pense confort avant tout. Oui, je crois que c’est ça. Une sorte de soin de confort.

La dernière fois que j’ai mis les pieds à l’hôpital le chirurgien m’a proposé ce que j’appelle une “opération de confort”. Impossible pour lui de comprendre pourquoi je m’entête à gérer ma douleur plutôt que de choisir l’opération. Ma vie et ma santé ne sont pas en danger. Je peux donc composer avec ce petit handicap du quotidien. J’ai trente ans, je n’ai pas envie de subir une opération lourde, et je suis en mesure d’adapter, d’aménager et de vivre avec. J’ai renoncé à deux trois petites choses, mais n’en suis pas frustrée puisque j’en saisi le sens. Nous avons longuement discuté. Il ne m’a pas entendu. Nous nous sommes séparés chacun ferme sur nos positions. Tant pis. Ce rendez-vous date de 5 ans. Rien n’a changé dans mon esprit.

Plus largement, ces “aïe”, “ouille”, “arf”, je les reçois comme des missives envoyés plus ou moins discrètement par mon corps. J’essai de comprendre. Trop de stress, trop de fatigue, trop de course à pieds, trop vite ? Pas assez de temps, pas assez de sommeil, pas assez de fer, pas assez de détente, pas assez de respiration ? Je réagis, j’aménage, je compose avec ce qu’il me dit. Je décrypte, ou pas.

(Source image : Egon Schiele)

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This entry was posted on December 30, 2017 by in Run, Vegan life.

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